Pâques 2020


Moment de partage - veillée de Pâques 2020

Cette année, pour ce temps de carême et de Pâques, nous avions choisi ces expressions pour inspirer notre démarche : Fais du neuf ! Réinvente la vie ! Change de regard ! En plein cœur de ce qui nous arrive et nous bouscule aujourd’hui, ces mots prennent encore plus de sens.


Une rosace que François (pas le pape mais bien notre cher sacristain) a dessinée et découpée dans le bois trône toujours dans le choeur de l’église. De dimanche en dimanche, elle devait se garnir de vitraux aux mille couleurs. Et cette nuit de veille, son cœur aurait dû s’illuminer. 

Comme un rayon de soleil qui passe dans la communauté rassemblée.

Même si nous ne sommes pas rassemblés, même si nous ne pouvons pas nous voir, nous embrasser, nous toucher, nous parler de vive voix, un rayon de lumière nous relie les uns aux autres. Soleil de Pâque qui brûle de ses mille feux au seuil du printemps. C’est la vie qui renaît. Les oiseaux se bécotent sur les bancs publics laissés libres. Le lilas commence à refleurir. Les tulipes émergent de la terre. L’air épuré laisse entrevoir l’azur des cieux.


Le feu, l’air, l’eau, la terre. Quatre éléments fondamentaux pour la genèse de la vie. Par-delà le chaos. Par-delà la mort. Mais cette vie se révèle aujourd’hui dans sa fragilité. Collectivement et individuellement, nous nous réveillons vulnérables. Alors que nous aurions pu nous croire lesmaîtres de la nature et du monde. Certains s’en illusionnent encore.

Le feu, l’air, l’eau, la terre vont rythmer le temps de partage pour cette veillée de Pâque. Comme les autres jours, le canevas proposé doit pouvoir être adapté en fonction de l’environnement dans lequel nous vivons, du temps dont nous disposons, des jeunes et des enfants, etc.


Vous trouverez différents fichiers annexes auquel le canevas se réfère :

 

  • Le texte et les commentaires de toutes les lectures de la vigile par André. À lire avec modération, dit-il. Il propose aussi de distiller la réflexion sur les 7 jours que dure liturgiquement la fête de Pâques. 
  • Deux démarches à vivre dans la journée pour les familles : la confection de photophores pour le moment de partage du soir et un jeu d’eau pour se rafraichir l’après-midi.

Le feu et la lumière qui en jaillit
Le feu qui brûle et consume les branches mortes

Le feu qui brûle ce qui empêche de vivre et de grandir en humanité. À Bouge, chaque année, nous mettons le feu au bucher qui emporte le bonhomme hiver et annonce le réveil de la terre.
On peut regarder et écouter la chanson du Grand Feu : 

 

Bonès djins acouroz vôye
Bottes di paille èt gros fagots
Astampés come one vraiye môye
On va mète li feu pa dzos !
Volà des cintinnes d’anéyes
Qui nos tlènes blam’nu come ça
Po dire aus djins deI valéye
Qui l’mèchant hiviêr è va.
Boudge sûrè todi l’vîye môde,
Li vîye môde des djins d’nos djins
Qui tchantinne tot come nos-ôtes :
« Coradje, fréres, vorci l’bia timps » !

 


 Refrain

Au Grand Feu ! Les chîjes au feu !
Tournans tot autoû do feu
Avou les mwins dins les mwins

 

Come au timps d’nos vîs parints
Qui tchantinne leû p’tit refrain :
Au Grand Feu ! Les chîjes au feu !
Au Grand Feu ! Les chîjes au feu !



La lumière qui éclaire le jour
Extrait du livre de la Genèse

Et Dieu dit : Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ;qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les saisons et les années ; et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. Et ce fut ainsi. Dieu fit les deux grands

luminaires : le grand luminaire pour commander au jour, le petit luminaire pour commander à la nuit, et les étoiles. Dieu le plaça à la voûte du ciel pour éclairer la terre, et pour commander au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit : que c’est bien ! Il y eut un soir, il y eut un matin : 4e jour.

La lumière qui jaillit comme un signe de résurrection et d’espérance


On allume la bougie ou les photophores que l’on a décorés. Ce sera notre cierge pascal qui restera à la maison et qui rappellera la lumière du Christ ressuscité qui éclaire nos vies. Puis on lit cet extrait de l’évangile de Matthieu (voir commentaires d’André) :


Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. 


L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il s’est réveillé, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire.


Trouver dans ma vie ta Présence
Tenir une lampe allumée,
Choisir d’habiter la confiance
Aimer et se savoir aimé.


1.- Croiser ton regard dans le doute, Brûler à l’écho de Ta voix, Rester pour le pain de la route,
Savoir reconnaître Ton pas.

 


2.- Brûler quand le feu devient cendres, Partir vers Celui qui attend, Choisir de donner sans
reprendre Fêter le retour d’un enfant.

 


3.- Ouvrir quand Tu frappes à ma porte, Briser les verrous de la peur, Savoir tout ce que Tu
m’apportes Rester et devenir veilleur.

 



L’air que l’on respire


C’est grâce aux vibrations de l’air dans les arbres que nous entendons le bruit du vent. C’est grâce à lui que nous le son des cloches vient jusqu’à nous.


Les cloches qui chantent la gloire de Dieu qui a réveillé Jésus d’entre les morts, qui libère de la haine et invite à l’amour.
Les cloches de Sainte Marguerite qui, chaque jour, appellent aux applaudissements et au soutien de celles et ceux qui donnent de leur énergie et de leur vie pour sauver celle des autres.


Les cloches parties de Rome qui feront un crochet par le paradis pour se débarrasser du COD-19  avant de redescendre sur terre pour y déposer des œufs, promesses d’une vie nouvelle.

Cet air qu’il nous faut protéger des pollutions s’améliore depuis le confinement et la diminution de la circulation et des activités humaines. L’air, symbole de liberté pour les oiseaux qui reviennent près de nos maisons.

L’air que l’on respire et que l'on souffle

Proposition pour les jeunes : 
  • se construire un instrument pour faire du bruit ou de la musique par le souffle.
  • une chanson et un clip animé de Mickey 3D : Il faut que tu respires

Proposition pour les adultes :

  • S’écouter respirer en silence…

  • Michel Jonaz : L’air que l’on respire, c’est le même pour tous



L'eau qui abreuve 

L’eau qui purifie : « Pour se protéger et protéger les autres du COD19,
lavons-nous les mains ! »


L’eau qui fait pousser l’herbe tendre


L’eau avec laquelle on peut jouer et s’amuser (cf. jeu d’eau en annexe)


L’eau qui abreuve et désaltère les troupeaux de moutons et les
humains assoiffés


L’eau qui libère des chaînes de la servitude (le passage de la mer par les Hébreux dans le livre de l’Exode voir annexe d’André, texte 3)


L’eau du baptême, symbole de reconnaissance de notre humanité et de notre entrée dans la communauté des fils et des filles de Dieu


Chanson au choix :
 À la claire fontaine : https://www.youtube.com/watch?v=-VctOj6Bm4Y
 La samaritaine : https://www.youtube.com/watch?v=UEMJwG4UanM




La terre qui donne nourriture

On met un peu de pain et de vin sur la table pour le partager. On se
souvient que le pain est fait de blé que l’on écrase et qui nourrit, que le vin
est fait de raisins pressés et de jus fermenté qui réjouit le cœur de l’humain.

Pour les jeunes et les enfants : de quoi avons-nous besoin pour faire du
pain ? Comment le fabrique-t-on ? Qui travaille pour que ce pain arrive sur
notre table (depuis le champ jusqu’à la maison) ?


Pour faire du pain, il faut allier les quatre éléments : le grain de blé s’enracine dans la terre et s’en nourrit, l’eau s’ajoute à la farine, l’air pénètre dans la pâte grâce à la levure, le feu cuit le pain.


Comme l’écrivait le philosophe Empédocle d’Agrigente (vers 460 av. J.-
C.) : « Il y a quatre éléments : le feu, l’eau, la terre et l’air. L’amitié les
rassemble et la haine les sépare. »


Le pain et le vin partagés sont signes du don de la vie de Jésus pour que nous ayons la vie en abondance.



Nous vous proposons de lire le passage suivant, dans lequel Paul explique le partage du pain aux chrétiens de Corinthe (1Cor 11, 23-26)

Voici ce que moi j’ai reçu du Seigneur, et ce que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi. »


Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi.»


Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.


On partage un bout de pain, on boit un peu de vin.


Prière finale 

Puis nous redisons ensemble la prière que Jésus nous a donnée, en communion avec tous les chrétiens et toutes les chrétiennes qui se reconnaissent en lui : Notre Père…

Chant final … avec un peu d'humour
« Ne sortez pas de chez vous comme avant »


Joyeuse fête de Pâques !


“ Le jour se lève, la vie avance
Avec elle, retrouvons l’éclat d’une espérance...
Avec elle, essayons de lui donner un sens.
Même quand tout s’éteint
Tout s’allume sur un autre espoir.”   (extrait de Mais la vie de Maurane et Lara Fabian)
 
Sereine fête de Pâques!
Bernadette